La commission des Affaires sociale valide la mesure phare du projet de loi : le recul à 62 ans de l'âge de départ en retraite. Plusieurs amendements ont été retenus.
Après une discussion dans un climat tendu mardi, les députés sont entrés dans le vif du sujet, examinant les premiers articles de la réforme dont Nicolas Sarkozy a fait sa priorité.
Une centaine d'amendements avaient été débattus mercredi après-midi sur les 417 déposés sur ce texte défendu par le ministre du Travail, Eric Woerth, et le débat, qui s'est accéléré, devrait se terminer jeudi, et non vendredi.
Les députés ont validé l'article 5, clef de voûte de la réforme, qui relève l'âge légal de départ à la retraite à raison de quatre mois par génération à l'horizon de 2018, et qui cristallise les critiques des syndicats et de la gauche.
Le départ à 60 ans avait été instauré par le président socialiste François Mitterrand en 1983.
L'article 6 a également été validé, qui acte le passage de 65 à 67 ans l'âge d'une retraite à taux plein quel que soit le nombre de trimestres de cotisation et sans pénalisation.
La commission des Affaires sociales a rejeté un amendement adopté la veille, contre l'avis du gouvernement, par la commission des Finances, qui avait été saisie pour avis.
Cet amendement proposait de maintenir à 65 ans l'âge pour une retraite pleine pour les mères ayant au moins deux enfants.

WOERTH VEUT ALLER "JUSQU'AU BOUT"
Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS à l'Assemblée, a déploré que toutes les propositions socialistes, telles que la retraite choisie avec instauration d'un compte-temps ou l'incitation au travail des seniors aient été rejetées.
Eric Woerth a fait au contraire valoir que certains amendements défendus par l'opposition avaient été retenus, comme l'ouverture du comité de pilotage des retraites aux syndicats, proposée par la député du Parti du gauche Martine Billard.
"On a estimé que ces amendements amélioraient le texte", a poursuivi le ministre qui a dit vouloir "aller jusqu'au bout des débats" en commission.
Le conseil des ministres a donné son feu vert mercredi à son audition par la police dans le cadre de l'enquête sur la fortune de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, dans laquelle il est soupçonné de conflit d'intérêts présumés.
Mais Jean-Marc Ayrault, évoquant la "nervosité" des députés UMP, a déploré que "la pensée" du ministre du Travail soit occupée "en partie tout au moins" par cette affaire.
Outre le report de l'âge légal, le projet de loi prévoit l'alignement sur dix ans du taux de cotisation du secteur public sur le privé et la création d'un prélèvement de 1% sur la tranche la plus élevée de l'impôt sur le revenu.
L'objectif est de juguler les déficits croissants des régimes de retraite pour parvenir à l'équilibre en 2018.
Si rien n'était fait, le déficit des régimes de retraite atteindrait près de 50 milliards d'euros par an en 2020 et plus de 100 milliards en 2050 (contre 2,2 en 2006), a calculé le Conseil d'orientation des retraites en avril dernier.
L'examen du projet de loi se déroule officiellement à huis clos mais plusieurs députés socialistes rapportent la teneur des débats via le réseau social Twitter au nom de la transparence.
Depuis la révision constitutionnelle de 2008, c'est en commission que les textes sont débattus et amendés avant d'être examinés en séance publique. L'Assemblée doit entamer l'examen de la réforme des retraites le 7 septembre.